- Je ne sais pas pourquoi, ça fait pourtant 10 ans, mais je m'arrête encore et je prends des photos..., toujours les mêmes !

     - Moi je sais pourquoi, c'est parce que c'est très très beau Coco..., et peut-être bien aussi parce que tu ne paies plus ni pellicule, ni développement, ni tirage.

Coco, vous le connaissez, c'est Christian qui gère le gîte-refuge "Chez l'Aîmée" à CHAPELLE-DES-BOIS. Ainsi exprimait-il à nouveau le bonheur de vivre et travailler ici, au coeur du MASSIF DU JURA chaque hiver. C'était au moment du repas, quand chaque convive à tour de rôle abat et commente sa carte dans la partie de "bataille de paysages". Nous y avons chacun nos "atouts" et, à ce jeu pacifique, tous repartent avec quelques plis en poche sous forme de conseils et d'envies.

Moi, je me retrouve devant mes photos comme face au tourniquet des cartes postales de la boutique à souvenirs, ne sachant pas laquelle choisir pour Grand-maman... Alors, à vos lunettes, de vue et de soleil, la sélection est faite, mais "la carte" reste copieuse !

3 - Carte iti comp

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Une "fenêtre météo" prévue sans intempérie conséquente avec un jour ou deux de grand beau temps, ainsi qu'un enneigement suffisant, sont propices à un projet d'itinérance hivernale 4 années déjà après la première expérience. Connaissant mieux le terrain et les conditions, je calibrerai 4 jours de marche avec raquettes, kilométrages modestes, 3 hébergements dont 2 me sont connus, un sac à dos concentré ne dépassant pas 10 kilogrammes. La moitié de l'itinéraire environ est prévue sur le tracé de la Grande Traversée du Jura (GTJ), le reste emprunte des sentiers raquettes balisés par les régies de CHAUX-NEUVE et CHAPELLE-DES-BOIS.   

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Mercredi 20 janvier, 11 heures 30, je laisse mon véhicule et prends le départ de la première étape à CHAUX-NEUVE à 993 m d'altitude. En côte prononcée, dans la brume persistante et humide, chausser les raquettes est tout de suite nécessaire car si l'itinéraire semble bien balisé, la trace est à faire. J'enfonce d'à peu près 30 à 40 centimètres dans une épaisseur de neige récente et légère ne dépassant pas 50 centimètres. La pointe d'acier trempé des bâtons vient parfois sonner sur le rocher du sentier. Ouvrir la piste est plaisant comme plonger le premier à la piscine dans une eau sans rides, sauf que là, dans cette neige encore fraîche, tout est à faire et refaire à chaque pas. Plaisant, puis essoufflant et fatigant, mais plaisant ! La largeur de l'itinéraire varie selon qu'il emprunte un sentier étroit, un chemin agricole ou bien une piste forestière, et certains ne figurent pas sur la carte IGN. C'est la deuxième fois que je passe ici. Mes souvenirs anciens s'estompent petit à petit dans la brume, jusqu'à pratiquement disparaître dans le brouillard à la ferme isolée des Fourgs. Le plan des pistes qui ne mentionne pas ce carrefour n'est d'aucune utilité à l'orientation.

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Il est déjà 14h, je ne reconnais pas vraiment l'endroit. Le brouillard est devenu si épais qu'entre deux marques de balisage il y a quelques dizaines de mètres d'incertitude. Certes, la nuit n'est pas encore proche, mais je ne m'accorde plus que 30 minutes de progression dans cette direction. Si toutefois passé ce délai j'étais encore sans indication précise de PRE PONCET, je déciderais alors de rebrousser chemin. 

Visibilité et souvenirs réduits, carte "muette" ou trop bavarde..., heureusement que le balisage un peu lâche dans le secteur s'est vite ressaisi, annonçant PRE PONCET explicitement, à 2 kilomètres sur les 6 que comporte le trajet depuis CHAUX-NEUVE.

A 1150 mètres d'altitude PRE PONCET est le domaine de ski de fond le plus enneigé, le plus tôt et le plus durablement du HAUT-DOUBS. L'arrêt à la "salle hors-sac" donne l'occasion de discuter du sentier avec l'employé de la régie chargé du balisage. Je connais mieux la suite qui ne m'inquièterait pas, même de nuit ou par visibilité réduite. Ordinairement plus fréquenté, l'itinéraire prévu emprunte les boucles tracées au départ du parking.    

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Les pistes de balade en raquettes sont balisées de jaune par des fanions qui pendent des arbres et des jalons plantés dans le sol. Arrivé à leur hauteur, on est censé voir le suivant. Ce principe, strictement respecté par les traceurs, est bien évidemment mis à mal par la nuit, par le brouillard, plus encore par les deux réunis, sans parler de la tempête de neige qu'il est coutume de subir ici quelques fois chaque hiver. Le temps s'éclaircit et je n'ai donc vraiment plus rien à craindre.

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Contrairement aux apparences et aux pistes des skieurs de fond, les sentiers raquettes ne sont pas tracés par des engins. Seuls les passages de randonneurs tassent, creusent et calibrent en largeur de si jolis cheminements. Les fontes, les épisodes de gel et les chutes de neige successives garantissent leur permanence durant quelques semaines, parfois quelques mois. La marche en raquettes réduit le risque d'enfoncement et assure l'accroche en montée comme en descente, si bien qu'il peut même paraître surprenant de pouvoir descendre en toute sécurité face à des pentes raides. Les anciens skieurs en sont surpris, un peu chagrinés les premiers temps tant ils seraient prêts face aux pentes à renouer avec des sensations de glisse.

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Passé PRE PONCET, il faut encore monter un peu en altitude dans une forêt plus clairsemée, avant de plonger sur le site ouvert de la COMBE DES CIVES. Arrivé à ce point de l'itinéraire, on retrouve l'axe et la direction nord-est / sud-ouest du MASSIF DU RISOUX, vous savez, celui des cabanes et refuges forestiers suisses déjà plusieurs fois décrit ici. Cette COMBE DES CIVES qui peut prendre par mauvais temps une triste mine de couloir froid et venteux, éprouvant skieurs, marcheurs, et cyclos, remplira bien plus souvent ces mêmes personnes du bonheur du randonneur. Patientez donc un peu jusqu'à demain pour voir ça ! Pour l'heure, et à défaut d'une COMBE DES CIVES lumineuse, je me contenterai d'en finir de cette journée de marche grise et brumeuse avec deux belles apparitions  :

     - plusieurs traîneaux à chiens des Equipages ADAM'S,

     - le gîte-refuge, la Maison de la Combe des Cives.  

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Afin de ne pas encombrer la maison en arrivant trop tôt, je marcherai un peu plus pour revenir sur mes pas et me présenter peu après 16h auprès de mes hôtes. Le calibrage des étapes entre 10 et 13 kilomètres est suffisant pour un effort réel et endurant dans le froid d'une durée de 4 à 6 heures pause comprise. Rien ne presse, chaque jour s'allonge un peu plus de quelques minutes, flagrantes par grand beau temps. On a le temps de le prendre, pour soi, pour se reposer, lire, échanger, photographier, visiter.

La Maison de la Combe des Cives est une vaste demeure plus haute que les fermes traditionnelles. Je ne serais pas surpris qu'ainsi placée au beau milieu de la longue combe, elle ait été relais postal autrefois... à vérifier ?! L'accueil est simple, efficace, et discrètement chaleureux. L'intérieur de la maison marie la durabilité de boiseries anciennes traditionnelles à la belle rénovation dans le ton, soulignée de peintures sur bois animalières ou florales. Je suis seul pensionnaire en itinérance. Un petit groupe de cinq jeunes adultes handicapés accompagnés de deux éducateurs, et une tablée de huit amis sportifs bien plus âgés séjournent quelques jours. François me proposera de partager la table de Ghislaine, pensionnaire sportive résidant ici 4 jours pendant que son époux glisse à skis sur les traces de la Grande Traversée du Jura. Offrir une chambre propre, confortable et chauffée, un souper copieux et régional, un petit-déjeuner complet pour 41 €, bien au-delà de la simple politesse mérite des remerciements et un "au revoir" sincères.  

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8 - Combe des cives - vue en direction du sud, de CHAPELLE-DES-BOIS

Vu de la fenêtre de ma chambre au petit matin, le voile de la veille s'est dissous et le soleil fait son entrée, déroulant précautionneusement son tapis lumineux prometteur sur la froide combe.

"Le voile de la veille s'est dissous"... pas tout à fait ! J'avais bien constaté hier que la crête du Risoux était plus austère, noyée dans le froid, le brouillard et l'humidité jusqu'à contribuer à accentuer l'inquiétude du marcheur. S'il y a bien dissolution là, il y a aussi sombre concentration ailleurs. En effet, je suis surpris de voir toute la longueur de la ligne de crête du Risoux coiffée et rehaussée d'un long béret gris foncé. Coco (Christian), alors que j'abattais cette carte "Béret gris Combe des Cives - Risoux"  au cours de la partie de "bataille de paysages" le soir au repas, a répondu :

     - Ben oui, les Chapelands appellent ça "la bise noire du Risoux" ! Inquiétante au départ, elle finit par se disperser au fil de la journée.  

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9 - Combe des Cives - vue en direction du nord - Maison de la Combe au centre - écomusée La maison Michaud à droite

Les clichés ci-dessus en attestent, la "bise noire du Risoux" se disperse bien en commençant par le nord. Tout se passe comme si, du coeur de la nuit à la fin de matinée, un souffle léger entreprenait d'abord de balayer méthodiquement le fond de la combe par petits revers d'ouest en est, repoussant et amassant bancs, écharpes, paquets de brumes et de brouillards sur le plateau du Risoux, pour ensuite les pousser méticuleusement dans une pelle située à CHAPELLE-DES-BOIS, BELLEFONTAINE ou même MORBIER encore plus loin au sud. Pour l'heure, 10h45, et pour le reste de la journée ensoleillée, la COMBE DES CIVES déploie toutes ses beautés de blancheurs bleutées sous les yeux des passants charmés.

Imaginez-la fleurie et verdoyante au printemps..., bronzée et tachée de hêtres roux à l'automne... et vous comprendrez qu'on donne ici régulièrement rendez-vous à Dame Nature !

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Parti à 10h30, tout en marchant en direction de CHAPELLE-DES-BOIS, j'assiste à ce ménage céleste ne sachant pas qu'en attendre de bon ou de moins bon. Dans la combe, les pistes de ski sont jalonnées une bonne fois pour toute la saison, et la toilette y est aussi quotidienne, mais bien moins silencieuse et discrète. Par contre, elle est beaucoup plus rapide et très efficace : en un passage de dameuse, la neige est brutalement tirée de son sommeil, frictionnée, grattée, moulinée pour être finalement plaquée au sol, peignée "la raie au milieu", sans épis ni mèche rebelle. Les cheminements raquettes ou chiens de traîneaux sont plus libres et fantaisistes. Quand il leur arrive d'emprunter une piste de ski, il est conseillé d'en bien longer le bord afin de ne pas gêner les skieurs pressés d'en découdre avec quatre longues aiguilles, sur LEURS traces damées-peignées. 

Avant d'entrer dans le village de CHAPELLE-DES-BOIS au lieu de s'y rendre au plus court, la piste raquettes grimpe et promène en forêt pour mieux offrir la surprise du clocher à bulbe.

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En lisière immédiate du village, au soleil sur une table pique-nique du chalet de départ des pistes, je tirerai mes frugales victuailles du fond du sac. Etonnante rencontre imprévue : Isabelle et Philippe venant de l'Orléanais, croisés chez Coco il n'y a qu'un mois sont à nouveau là ! Cette fois, ce n'est plus la cabane suisse "GARE DU NORD" qu'ils cherchent en chaussures de randonnée, mais les plaisirs de la glisse à skis. Après de brefs rafraîchissements de mémoire, nous reprenons le temps de la collation une conversation quasiment là où nous l'avions laissée il y a un mois, quelques atouts en plus dans nos jeux respectifs. 

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12 - Hêtre sommital solitaire (très photographié parait-il !)

Puis nous nous séparons à nouveau chacun pour sa balade, mais pour mieux nous  retrouver le soir autour du repas, plus riches des paysages de l'après-midi. D'un pas reposé plus léger, je découvre une nouvelle boucle de 5 kilomètres au sud-ouest du village. La trace, plusieurs fois empruntée, est si bien tassée sans être verglacée, qu'y marcher ne nécessite pas l'usage des raquettes. Le point de vue sur le MASSIF DU RISOUX et ses roches est splendide, invitation "obligatoire" à l'orientation et à la lecture de paysage. On retrouve là étalés sous les yeux, certes la frontière Suisse, un petit reste de poussières nuageuses que la bise légère finit de pousser dans la pelle, mais aussi et surtout le panorama des lieux-dits connus qu'on se plait à retrouver : la croix de ROCHE CHAMPION, le GÎT DE L'ECHELLE, les stèles aux enfants juifs sauvés de la barbarie nazie, les directions de CHALET CAPT de GARE DU NORD et du GY LOUIS, et, plus modeste à droite, ROCHE BERNARD au pied de laquelle je dormirai ce soir chez Coco. Seuls se dérobent à la vue le LAC DES MORTES et le LAC DE BELLEFONTAINE dans le creux. Ce n'est que justice, il faut bien qu'ils puissent se reposer un peu d'être tant admirés ! Les lacs se cachent, mais dans leur direction, si nombreuses l'été et très abritées l'hiver, une par une, lentement comme éblouies par la réverbération du soleil sur la neige sortent les vaches montbéliardes de l'étable. Ce doit être, après la traite, l'heure de la récré !

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Après la boucle des "CHAMPS NOUVEAUX", passage obligé par le village pour prendre la direction du Gîte-refuge "Chez l'Aîmée". La route enneigée fait office de piste quelques dizaines de mètres pour éviter la zone de tourbières du CIMETIERE DES PESTIFERES de 1639, et enfin revient la sente étroite, taillée pour suivre la lisière de la forêt. Juste avant de m'engager sous le couvert des arbres, je ne manquerai pas de m'arrêter à cet autre point de vue depuis la ferme de LA MADONE pour y tenter à nouveau le même cliché qu'il y a 4 ans. Mais cette fois, mon regard portera plus loin, il cherchera à situer le PRE D'HAUT, l'escale du lendemain noyée à l'horizon sur un sommet de la FORÊT DU MONT NOIR.

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14 - Vue sur CHAPELLE-DES-BOIS depuis LA MADONE (16h)

En lieu et place des 2000 billons de "bois de lune" que les enquêteurs suisses du grand procès du Risoux avaient découverts en 1750 gisant au pied des roches "chez les bourguignons", c'est plutôt du "bois de neige" qui se dresse fièrement verticalement.   

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Deux heures plus tard, ressortant de "Chez l'Aîmée" pour le double spectacle du coucher de soleil et du lever de lune, ce sera toujours le "bois de neige" qui nous enchantera, mais d'une bien plus chaude couleur. Aujourd'hui la neige aura revêtu des teintes gris sombre, bleu profond, bleu lumineux, blanc éclatant, orangé, avant de s'endormir d'un noir ruisselant de pleine lune.

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Bataille de paysages, belote de sensations, apéro de mots et de fines tranches de morteau, tiercé des saveurs, dés de comté, atouts Risoux, dix de der, le p'tit au bout..., les conversations vont bon train et la banane va bien au velouté de potiron, aussi bien que la sauce soja va à l'émincé de dinde ! Neuf convives à table..., sobres. Il parait que certains ont fait la veille dégustations comparées d'absinthes suisses, françaises, blanches, vertes, jaunes... !  

Froide, on dit -14°... mais le thermomètre est cassé ! La nuit était froide c'est sûr, préservant encore un peu un manteau neigeux si fin, qu'il aura bien du mal à demeurer longtemps sous-couche si précieuse !

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17 - CHAPELLE-DES-BOIS et bois givrés - vus de LA MADONE (11h)

"Au revoir..., à bientôt..., à la prochaine..., salut..., le dernier qui part donne un tour de verrou".

Départ à 10h30 sur le même sentier que je prolongerai par celui du BALCON DU VILLAGE. La couche de neige d'une épaisseur de 50 centimètres suffit, mais pour combien de temps ? Elle est tombée sur un sol à nu il n'y a que deux semaines environ, et n'a pas subi les épisodes de fonte partielle, de gel et de nouvelles chutes permettant d'assurer l'enneigement durable garant de la satisfaction et de la fréquentation des skieurs. Et pourtant, encore "neuve", qu'elle est belle cette neige qui donne si fière allure aux pistes !

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C'est cette jeune neige qui souligne joliment les méandres du ruisseau des Mortes serpentant dans les tourbières. Hors période d'enneigement le petit cours d'eau se distingue à peine, dissimulé sous les hautes herbes ployées. 

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La piste raquettes BALCON DU VILLAGE que je découvre charmante et bien nommée, prolonge en lisière de forêt celle qui vient de "Chez l'Aîmée". Elle me conduira au même endroit qu'hier pour le casse-croûte frugal habituel.

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Pour le plaisir des fondeurs sans doute, mais certainement aussi pour tasser une sous-couche en prévision de l'événement, le tracé éphémère de la course nordique La Transjurassienne est jalonné et damé. L'enneigement sera-t-il suffisant les 13 et 14 février prochains ? Après une nuit froide, à la faveur d'un ensoleillement généreux les températures monteront dans la journée jusqu'à ce que l'or blanc prenne en fin d'après-midi la texture de "purée humide" de la neige de printemps.

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Un dernier regard sur le panorama du Risoux avant de lui tourner le dos, et j'aborde la montée vers le refuge du PRE D'HAUT. L'endroit isolé, perché sur le MONT NOIR fait face au massif franco-suisse, et au-delà, à celui du MONT BLANC qu'on admire par temps dégagé. On n'y accède qu'à skis ou raquettes ; les routes forestières montant de CHAPELLE-DES-BOIS ou bien de FONCINE-LE-HAUT servant l'hiver de support aux pistes.

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Georges son gérant, m'avait prévenu que quelqu'un d'autre que lui serait là ce soir pour m'accueillir. Après avoir servi 60 repas aux skieurs et marcheurs de passage (une bonne journée), il est descendu dans l'après-midi à skis avec sa pulka comme tous les 3 jours pour assurer le ravitaillement du refuge. Il ne remontera chargé de victuailles que demain matin à la première heure. Le refuge du PRE D'HAUT contraste avec ceux des jours précédents par son confort sommaire et sa situation à l'écart des axes de circulation. Il est cependant ouvert à dates fixes du 20 décembre au 20 mars, neige ou pas. L'eau pompée d'une citerne de récupération de la pluie n'est pas potable, elle ne sert qu'à une toilette "de chat", et bouillie, aux besoins de la cuisine. Le peu d'électricité provient de panneaux solaires qui suffisent largement à alimenter quelques éclairages à diodes électro-luminescentes. Le peu de chaleur est diffusé parcimonieusement par un petit poêle à bois complété efficacement par un bon pull, l'amitié et éventuellement une petite eau de vie, mais "justine p'tite goutte alors" !  

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C'est Francis, le frère de Georges qui m'accueille. Nous passerons le repas et la soirée, à lire et échanger sagement tous les deux, et ce ne sont pas nos ronflements qui ont ébranlé jusqu'à l'avalanche la neige du toit, mais bien le dégel. Le dortoir d'une vingtaine de places est situé juste au dessus de la salle et du poêle, néanmoins, mieux vaut compter sur plusieurs épaisseurs de couvertures pour supporter le froid mordant du lieu. M'aventurant dehors à 4 heures du matin pour un petit pipi, je pense qu'il devait faire plus chaud en plein air qu'à l'intérieur ! Au petit matin à 8 heures, Georges est là avec des provisions pour quelques jours, accompagné d'un crachin et d'une brume peu engageants.   

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Samedi 23 janvier, le chemin du retour conduit d'abord à PRE PONCET avant de reprendre jusqu'à CHAUX-NEUVE le même itinéraire que Mercredi. Je retrouverai la trace à peu près dans l'état dans lequel je l'avais tassée il y a 4 jours, mais beaucoup plus "liquide". Personne d'autre que moi, mis à part quelques lièvres, sangliers, chamois et chats sauvages ne l'a empruntée chaussé de raquettes. 

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Parti à 8h30 sous le crachin et dans la brume du PRE D'HAUT, je verrai CHAUX-NEUVE s'étirer puis s'extraire de sa couette blanche vaporeuse à 12h15 seulement, mais pour s'épanouir sans minauder et faire la belle au grand soleil. Neige et soleil étaient sans doute très espérés par les organisateurs et les concurents de l'étape de coupe du monde de Combiné Nordique (saut à skis, et course de ski de fond) se déroulant tout le week-end ici. Je retrouverai mon fourgon non sans peine dans un village encombré de voitures de supporters !

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Stationner un véhicule quelques jours de suite en hiver en montagne, c'est courir le risque de le retrouver..., ou pas, enseveli sous une épaisse couche de neige.

Au pied d'un MASSIF DU RISOUX recouvert de son immense et remarquable étendue forestière, s'ajoute le risque de voir l'engin roulant comme fossilisé, non pas en pierre, mais en bois... de lune... de soleil... ou de neige !

 

© F6

 29 janvier 2016 

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